Voilà, c'est fait!
J'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé... YYYEEEEESSSSSSS
!!!!!!!!!!!!!
Avant d'entamer le récit de cette longue journée, je voudrais d'abord remercier quelques personnes.
Tout d'abord mon épouse qui m'a toujours soutenu, encouragé, motivé, qui au passage s'est souvent occupée seule des 3 enfants, et a assuré l'organisation de l'ensemble des déplacements (bon
j'arrête là, il ne faut pas trop que je l'habitue aux compliments, elle risque d'y prendre goût
!!).
Mes enfants, à qui j'ai imposé des week end "spectateur de papa" au bord des courses de vélo et des épreuves de tri.
L'ensemble de ma famille qui m'ont tous encouragé, une note particulière pour Florent (mon grand frère) avec qui j'aurai dû faire un semi et un marathon en début d'année si mes périostes m'avaient laissés tranquille, et également à Ben (mon petit frère) qui m'a accompagné à chacune de mes sorties de course à pied dans mon lecteur mp3 avec ses "futurs tubes interplanétaires".
Merci également à tous les membres de mon club, le TAB "Triathlon Ambérieu en Bugey", pour tous les messages d'encouragements et les conseils qu'ils m'ont apportés.
La palme d'or revient à Jean Claude qui a réussi à concocter un programme d'entraînement aux petits oignons, même si j'ai quelques fois débordé un peu en vélo (je sais je suis
gourmand
!).
Merci à tous mes potes, une mention spécial a mon meilleur ami "Mouss" le futur papa qui a joué les sparing partner lors de plusieurs séances longues de vélo (notamment la reconnaissance du parcours de l'Embrunman en juin), ainsi que les internautes qui m'ont envoyés des messages de soutient au travers de ce blog.
Et enfin un merci particulier à ma RH
, qui grâce à sa volonté tenace de vouloir m'emmerder et m'ayant refusée mon
CIF (congé individuel de formation) l'année dernière, m'a permis de consacrer toute mon énergie pour réaliser ce défi. Et au passage, de quand même partir en formation en cette fin d'année (mais
là ce n'est pas une volonté de sa part, c'est une obligation légale ![]()
!!)
Allez c'est parti:
levé 3h, petit dèj ...., frais et dispo à 6h00 pour le départ.
Une grosse montée d'adrénaline lors du décompte final et feu pour une belle et longue (très longue,..., bien plus longue que prévue!!) journée de sport.
Grosse baston les 200 premiers mètres (900 dans le bouillon de nuit c’est plutôt rock n'roll !), et petits soucis d'orientation car je n'arrive pas à voir les bouées lumineuses. C'est pas
grave je suis le gros de la troupe
!
Je prends des pieds sans chercher à me mettre dans le rouge, et je n'insiste pas lorsque le nageur qui me précède se met à battre furieusement des pieds (moi aussi un jour je saurais me servir de
mes jambes!!). Je continue sur ce train de sénateur en m'appliquant à rester bien souple et en m'orientant du mieux possible.
Je sors de l'eau sans avoir l'impression d'avoir nagé, je visais 1h25/1h30, finalement je mets 1h18 (704ème) c'est donc plutôt satisfait
que j'enchaîne sur la transition.
Je prends le temps de me changer complètement et de bien m'habiller car ils annoncent 8°c en haut de l'Izoard et également le sommet de la première bosse dans le brouillard.
La partie vélo est également synonyme de moment de vérité, en effet depuis 2 semaines mon genou gauche me tient compagnie (tendinite sur l’insertion du vaste externe/rotule), déjà 10 jours d’anti inflammatoires et de la pommade matin, midi et soir,…, en espérant un petit miracle le jour de la course !
J’entame la première bosse tranquille et je m’applique à rouler souple en respectant ma Fc cible (132/146), je remonte tout doucement quelques concurrents.
Mais voilà au bout de 20 bornes comme je m’en doutais un peu mon genou se réveille,…, et là commence la galère
!!
Impossible de mettre du braquet, et chaque coup de pédales résonne comme un coup d’aiguille.
Au pied de l’Izoard, je tiens le coup en me disant que si je passe jusqu’en haut, la descente vers Briançon me permettra d’avoir un moment de répit.
Je monte le col quasiment sur une jambe, le cœur est stable à 140pls et heureusement que j’avais prévu une grosse couronne de 29 dents au cas où, parce que j’ai passé toutes les bosses de la journée dessus pour me soulager au maximum le genou !!
Au sommet de l’Izoard, j’en suis à 4h45 de vélo (un quart d’heure de plus que prévu, mais finalement sur une jambe ce n’est pas si mal !), je suis pointé 550ème.
Je fais la descente tranquille et je m’alimente bien, il fait bien froid jusqu'à Briançon mais finalement cela me rend un grand service : le vent glacial de la descente m’a littéralement anesthésié les genoux.
A ma grande surprise, je ne sens quasiment plus de douleur, je ne m’emballe pas mais je peux remettre du braquet (enfin
!). Le vent a tourné comme prévu et il est de face avec de bonnes rafales (la météo annonçait 50-60 km/h).
Tous les faux plats passent sur la plaque en tournant bien les jambes malgré le vent, et maintenant je double des groupes complets de coureurs plantés sur le petit plateau.
La bosse de Pallon passe comme une lettre à la poste, et je continue sur un bon rythme jusqu'à 20 bornes de la fin.
Jusqu'à ce que l’effet « glace » prenne fin. Et là, c’est la douleur du début puissance 10.
Dans Chalvet le cœur est à 120 j’en ai sous le pied comme c’est pas possible, mais plus moyen d’appuyer avec ma jambe gauche (à ce moment là
je l’avais mauvaise
!!).
Je me laisse glisser jusqu’au parc à vélo sans un coup de pédale.
Résultat 7h58 (je visais 7h30, Si mon genou m’avais lâché la grappe …) je pose le vélo 367ème.
Je fais la deuxième transition tranquille, je me rechange complètement histoire d’être bien au sec. J’avale un riz au lait et je me lance tranquille pour le marathon.
Putain je croise ZAMORA qui arrive, il court comme une gazelle et va encore battre le record de l'épreuve!!
C'est pas possible, il vient d'une autre planète le gazier
!!
Comme prévu, je marche dans la bosse, et je cours bancale mais peinard le reste du temps. Le cœur est à 130/135 et je suis sur un rythme de 5’30/5’45 au kilo. Je me freine pour rester au plus près de 6’00 comme j’avais prévu, je ne veux pas m’emballer et le payer plus tard.
J’arrive à compenser ma douleur du genou en pliant ma jambe gauche au minimum et en reportant mon poids au maximum sur ma jambe droite.
Je boucle le premier tour en 2h08 (un peu mieux que prévu, je visais 4h30 pour l’ensemble de la course à pied), mais depuis 2 kilomètres en
plus du genou gauche, c’est la cheville droite qui commence à montrer des signes de faiblesse
.
Km 24, le calvaire commence
!!!
C’est les dents serrées et les larmes au yeux que j’alterne la marche et la course, pour couronner le tout un orage éclate et c’est le déluge !
La lumière commence à baisser, j’ai le vent et la pluie en pleine gueule, je suis trempé et transit de froid,…, mais je n’ai pas passé une
année entière à m’ imaginer passer la ligne d’arrivée pour lâcher le morceau maintenant ![]()
!
Km 28, je ne peux plus rien avaler, seul le coca passe bien.
Les faux plats jusqu’à Barratier me paraissent interminables, mais je sais qu’après, cela descend (mes genoux en couinent d’avance !!).
Je rentre sur Embrun, j’entend le speaker, ça sent bon !!
Le tour du lac, je ne pense plus aux douleurs cela va le faire !
Le dernier kilomètre, j’en profite un maximum, la foule est là malgré la pluie battante.
La dernière ligne droite, le portique est en vue.
Peu importe le chrono, j’ai été jusqu’au bout de ce que je pouvais faire aujourd’hui.
Je réalise un rêve, devenir Embrunman
.
Pour info, je boucle le marathon en 4h53 (je visais 4h30).
Au total, je termine en 14h26’ 37 (je visais 13h30) et 473ème / 757 finisher.
Voilà, c’est fait et toutes les images accumulées durant la journée se bousculent un peu : les encouragements tout au long du parcours, une ambiance fantastique, le départ natation de nuit, la foule en haut de l’Izoard et dans Pallon, les pom-pom girls qui chantent ton prénom, tous ces gamins qui te tapent dans la main, tous ces spectateurs toute la journée, l’orage pendant le marathon, le dernier kilomètre exceptionnel d’émotion et bien sûr l’arrivée tant attendue.
Une fois redescendu de mon petit nuage, le retour à la réalité est un peu brutal. Je suis frigorifié, je claque des dents et tremble comme une feuille, j’ai les deux genoux bien enflés et un bel hématome sur la cheville droite.
Maintenant il va falloir récupérer, et se laisser le temps de digérer tout ça.
Voilà, pour moi la boucle est bouclée, en deux saisons j'ai appris à nager et couru sur toute distances que peuvent offrir le triathlon (du sprint à l'ironman). Je suis conscient de toujours être un poireau mais j'ai atteint l'objectif que je m'étais fixé.
J'espère que ce blog que vous avez été près de 4000 à suivre régulièrement vous a servi, ou bien vous servira pour préparer un Ironman (en tout cas c'était le but!).
Désormais j'ai un autre challenge à relever,..., professionnel cette fois...
Un dernier mot de mon épouse :
J' aimerai à mon tour vous raconter cette merveilleuse journée que j' ai passée ainsi que mon ressenti:
Tout d' abord la veille de la course où mon mari a eu la charmante idée de dormir avec des bouchons dans les oreilles et où il me dit : tu ne te loupes pas , tu entendras bien le réveil !!! Bonjour la pression ! Résultat : réveillée à 00h15 ! Merci Chéri.J 'ai eu le temps d'appréhender moi aussi la course...
3h00:lever
4h30:arrivée sur le parc à vélo . Arnaud ressort complètement stressé : il a oublié sa pompe à l' hôtel !!!!Vu le peuple qui arrive sur le parking , impossible de repartir on ne retrouvera jamais une place ! Arnaud a la charmante idée de me dire : "c'est pas grave , tu as le temps d' aller la chercher pendant la natation !!!! Ben voyons ...
6h00:la corne retentit , là, je me mets à pleurer comme une gamine ça y est c' est partit , pourvu que tout se passe bien...Je pars en trombe à l' hôtel chercher sa pompe , je reviens : personne ne m' a piqué ma place , je cours vers une arbitre qui autorise une bénévole à poser la pompe sur le vélo dans le parc . Merci . J 'ai rempli ma mission mais PLUS JAMAIS CA!!!!!!
Ensuite vient une longue journée d' attente dans l' angoisse de le voir arriver .
7h18: il sort de l'eau : c' est bon il est là!!!
15h00:il repasse devant moi en vélo dans la côte de Chalvet : il a survécu à l' izoard avec sa charrette qui lui sert de vélo....
16h30:le voilà en courant dans les rues d' Embrun, je le reconnais rapidement grâce à la trifonction d' Ambérieu qui se reconnait de loin . Un moment inoubliable pour moi . Une ambiance comme je n'en ai jamais connue auparavant : nous sommes des centaines de personnes qui encouragent tous ces athlètes exceptionnels et qui ont encore la force de nous remercier à chacun de nos encouragements......
19h15: L' orage éclate , un déluge s'abat sur la ligne d' arrivée . Où en est- il ? Lui qui craint le froid . J 'attends.
20h27: LE VOILA !!! Enfin . Transit de froid . Il a enfin réalisé un de ses rêves. Moi qui le prenait pour un fou quand il m' a annoncé il y a deux ans qu' il voulait faire Embrun, lui qui ne se mettait jamais en maillot de bain...Les larmes montent .
Ca y est , c' est fini .
J 'ai un peu le blues aujourd' hui , car cela représente tellement d' angoisses , de doutes quand les blessures sont là et de joie quand enfin il termine , cela fait 2 ans que l' on en parle tous les jours , quel est le prochain objectif ?
Pour le moment , il est professionnel mais je le connais mon Arnaud , je sais qu' il n' en restera pas là ....
Je tiens à remercier quelques personnes à mon tour :
Tout d' abord , Jean Claude . Je ne vous connais pas physiquement mais j' ai tellement entendu parlé de vous ... Merci , car je sais à quel point il n' est pas facile de le freiner....
Ensuite , tous les copains du club pour vos conseils et vos encouragements,
La famille , Mouss ,
Et enfin nos 3 enfants : Tom , Fanny et Line pour qui cela n' a pas toujours été facile de supporter les absences de papa et les colères aussi quand la santé ne suivait pas ....
Pour le moment , c' est le repos mais je sais que cela ne durera pas longtemps .....je le sais.
Merci encore à tous .
Et surtout :
FELICITATIONS CHERI POUR CE QUE TU AS ACCOMPLI ET MERCI POUR TOUT CE QUE TU M'AS FAIT VIVRE.
Ta femme qui t' adore,
Karine.



